5 février 2009

Grosse controverse

Je me croirais revenue aux grands débats épiques de secondaire II (soit le sex appeal coquet de Duran Duran vs l'androgynie confuse de Boy George), mais je ne peux m'empêcher de tripper un peu comme tout le monde sur Barack Obama et sa bravoure de débutant devant des problèmes plutôt gigantesques.

Sa décision de restreindre la rémunération des dirigeants des banques qui ont quémandé de l'aide du gouvernement à 500 000$ me plaît énormément. Il ne fait pas l'unanimité mais on s'en crisse. Quand des centaines de milliers de gens se retrouvent à la rue à cause de mauvaises décisions de supposés experts financiers, et qu'en plus on voudrait financer de la poche des contribuables des bonus faramineux à ces mêmes experts, je cherche la cohérence.

C'est sûr que comme "monde ordinaire" nous sommes distraits par les montants en question. Plaindre un pauvre petit dirigeant qui ne fera que 500 000$, comparé à ses subalternes qui en font quand même 400 000$, c'est difficile, mais c'est peut-être ça le problème. Quand on en est rendus à dépenser des billions ("trillions" en anglais, soit 1000 milliards) pour sortir un pays de la dèche, on perd de vue que les individus sont à la base de tout système financier, et que la crise à laquelle nous faisons face est la conséquence de plusieurs années de mauvaise gestion du risque et de capitalisme sauvage.

Et tant pis si les éminences de Citigroup ou AIG devront aller travailler ailleurs pour retrouver leur gros salaire. Ça leur fera peut-être du bien de mettre leur cv à jour.